La semaine du foncier, un cadre de discussion sur la gestion des terres

L’arrivée massive des utilisateurs de la terre au Cameroun expose les communautés à plus de précarité de leurs droits fonciers, du fait de la concurrence des nouveaux acteurs dans l’accès à la terre. . Il est donc important de mettre en place un cadre de gouvernance du foncier permettant à tous les acteurs de voir leurs droits sécurisés, et leurs intérêts préservés. Ceci passe par l’institution d’un espace de discussions rassemblant toutes les parties intéressées par la gestion de la terre, pour s’exprimer sur les défis rencontrés aux niveaux local et national, par les communautés dans toute leur diversité (hommes, femmes, autochtones, éleveurs et agriculteurs, etc), le secteur privé, les administrations publiques, les projets, les municipalités, les parlementaires, les chefs traditionnels, la société civile et les chercheurs.  Ainsi, du 21 au 26 janvier 2019, la Semaine du Foncier s’est tenue à Yaoundé, sur le thème « Les défis de la gestion locale du foncier au Cameroun ». Les quelques 400 acteurs présents ont partagé leurs expériences sur la gestion locale du foncier, à travers des ateliers spécifiques, qui ont permis de poser un diagnostic de la situation et de dégager des pistes d’action qui serviront à nourrir la réforme foncière en cours.

Les échanges ont permis aux uns et aux autres de partager leurs perspectives, de comprendre leurs divergences et trouver des points de convergence dans la recherche de solutions liées à la gestion des défis du foncier local.

L’un des engagements majeurs a été celui des chefs traditionnels à approfondir la question de la prise en compte des droits fonciers des femmes dans leurs communautés respectives, et à se poser en garants du respect de leurs droits, dans le respect des coutumes locales. On verra donc bientôt au Cameroun des villages pilotes où les droits fonciers des femmes seront mieux reconnus et protégés. Cet engagement fera l’objet d’un suivi, et les leçons apprises feront l’objet d’une vulgarisation au niveau local, national et même international.

La Semaine du Foncier a également été l’occasion de lancer un Observatoire du Foncier au Cameroun, avec la collaboration du NES (National Engagement Strategy) et de l’ILC (International Land Coalition). L’objectif de l’Observatoire du Foncier est de répertorier toutes les acquisitions foncières à grande échelle pour les investissements dans tous les domaines (concessions minières, forestières, foncières, aires protégées, construction de grandes infrastructures, etc.  La possibilité sera ainsi donnée de prévenir  les conflits entre les communautés et les investisseurs, par une meilleure compréhension des lieux où des tensions fortes peuvent être envisagées, du fait de la pénurie foncière induite par les demandes concurrentes.  L’observatoire sera un outil d’aide à la décision pour les administrations publiques, les municipalités, les communautés et les organisations de la société civile. Afin de garantir la crédibilité des données collectées, un dispositif de validation des informations sera mis en place. Les données seront collectées au niveau national (données sur la localisation des investissements ayant une incidence foncière), et au niveau local (informations provenant de la cartographie participative).

Des recommandations et propositions ressorties lors de la semaine du foncier seront systématisées et soumises aux décideurs politiques du Cameroun, pour considération dans le processus de réforme foncière en cours.

Le projet LandCam est financé par l’Union Européenne et mis en œuvre par le Centre pour l’environnement et le développement (CED), le Réseau de lutte contre la faim (RELUFA), deux organisations camerounaises, et l’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED) basé à Londres, Royaume-Uni.

Pour plus d’informations, consultez le site www.landcam.org