Les acteurs de la foresterie communautaire partagent leurs expériences

Améliorer les moyens d’existence des communautés détentrices de forets communautaire à travers la création de la richesse autour des forets communautaire et la mise sur pied des entreprises de foresterie communautaire viable capables de contribuer à l’amélioration des conditions des vie des communautés, tel a été l’objectif des acteurs du projet CoNGOs, réunis à Kribi (Cameroun), du 18 au 20 juillet 2017.

Soutenu par UKaid à travers DFID, le projet CoNGOs vise à sécuriser les moyens d’existence des communautés dans le Bassin du Congo. Il est mis en œuvre au Cameroun, Gabon, Congo, République démocratique du Congo, République Centrafricaine, par un groupe d’ONG internationales et locales, à la tête desquelles IIED, l’Institut international pour l’environnement et le développement.

La rencontre de Kribi a réuni des participants des pays du Bassin du Congo (Cameroun, Gabon, RCA, RDC, Congo), d’autres pays d’Afrique (Tanzanie, Zambie), d’Amérique Latine et Centrale (Guatemala, Népal, Mexique). L’administration publique (MINFOF) et les organisations des populations autochtones représentées par AIWOCAM et OKANI.

Les participants ont échangé leurs expériences sur leurs différentes manières de créer la richesse autour de la foresterie communautaire, et de mettre sur pied les entreprises de foresterie communautaire viables pour les communautés. A cet effet, les exemples de la Tanzanie et du Népal ont édifié les participants. Ils ont clairement montré que les produits répondant à la norme FSC (Forest Stewardship Council) bénéficient d’une grande crédibilité sur le marché et sont facilement commercialisés. Ces expériences sont différentes de celles connues en Afrique Centrale avec le bois FSC, dont le label ne garantit pas toujours le respect des exigences sociales, environnementales et réglementaires. De plus, l’accompagnement de l’Etat est bénéfique aux communautés, le cadre légal facilitant le développement des foresteries communautaires. Enfin, les revenus provenant de la vente des produits issus de la forêt ont permis aux communautés de se doter d’infrastructures sociales.

Travaillant sur la foresterie communautaire depuis 1998 et partenaire du projet Congos au Cameroun, le CED a partagé son expérience en matière de contribution à un modèle de foresterie communautaire où les communautés tirent la plus-value de leur forêt, ainsi que sa vision et son rêve de développement d’un modèle de gestion qui réponde aux préoccupations des populations locales. Il a par exemple développé de 2009 à 2014 une initiative qui permette aux communautés de bénéficier de leurs forêts communautaires tout en évitant d’en couper le bois, première du genre dans la sous-région.

A l’issu de cet atelier, la prochaine étape pour les acteurs de la foresterie communautaire et ceux qui les accompagne, est de capitaliser les expériences des uns et des autres, de revitaliser les dynamiques créées autour des forêts communautaires, de les adapter en termes de bonnes pratiques et de méthodologie au Cameroun, et qu’à terme les communautés elles-mêmes soient aptes à mettre sur pied les entreprises de foresterie communautaire viables.