Barrage de Lom Pangar: exemple d’une collaboration constructive

Au regard de la nécessité de la protection des droits des communautés locales et autochtones et des écosystèmes naturels, le CED s’est penché sur les expériences de collaboration avec les sociétés chinoises, de plus en plus présentes dans les chantiers de construction de grandes infrastructures dans notre pays. Le cas du barrage de Lom Pangar a permis de jeter les bases de la compréhension des différences culturelles, parfois profondes, entre les entreprises chinoises et leurs partenaires camerounais, ainsi que les communautés, le 29 novembre 2017 à Bertoua.

Les travaux du barrage Lom Pagar ont été exécutés par l’entreprise chinoise China International Water Electric Corporation (CWE) avec pour Maitre d’œuvre le Groupement d’entreprises Coyne et Bellier & ISL.

Présentant de grands enjeux environnementaux et sociaux, le projet a une emprise géographique de 1 700 ha et mobilise environ 2.000 employés. Ainsi, un cahier de clauses environnementales et sociale (CCES) a été établi. Outil efficace de suivi, le CCES a pour but de définir les prescriptions environnementales et sociales que les entreprises devront respecter, conformément aux exigences règlementaires et autres relatives à l’environnement et à la bonne tenue des chantiers. Il est le document de base pour l’élaboration du Plan de Gestion Environnemental et Social (PGES), dont le suivi de la mise en œuvre est assuré par Electricuty Development Corporation (EDC).

 

L’effectivité du CCES dans le cadre du barrage Lom-Pangar 

Le Dr Alphonse Amadak (Directeur PGES du projet Lom Pangar, EDC) admet que la collaboration avec CWE n’a pas toujours été facile, du fait de la faible considération des aspects environnementaux et sociaux par la société de construction. Pour lui, améliorer cette collaboration dans les projets futurs consisterait à : faire un suivi de proximité lors de l’exécution des travaux ; appliquer les pénalités financières avec rigueur ; donner des instructions et informations précises afin d’éviter toute interprétation erronée ; réviser la réglementation du travail sans pénaliser la compétitivité ; multiplier les rencontres de concertation et de résolution des conflits à travers une implication des pouvoirs publics et/ou des partenaires financiers ; tenir compte des différences culturelles, qui constituent une source de bon nombre de conflits.

Les participants pendant les exposés

Une perspective constructive

Pour optimiser les retombées de la présence chinoise dans les grands projets, le Dr Amadak relève propose par exemple de récupérer leur technologie. Plusieurs ouvriers Camerounais ont par exemple gagné en expérience professionnelle après avoir travaillé sur le site de Lom Pangar.

Enfin, il est indispensable d’optimiser la communication, outil important dans la prévention et la gestion des conflits, car les entreprises chinoises communiquent peu.

Photo de famille