La Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones au Cameroun: 10 ans après…

Il y a 10 ans, les Nations Unies adoptaient la Déclaration sur les droits des Peuples Autochtones (DNUDPA). Depuis le 14 septembre 2007, la DNUDPA fixe un cadre international pour les droits des peuples autochtones et encourage leur participation pleine et effective dans tous les domaines de la vie du pays auquel ils appartiennent.

En prélude à la célébration de ce 10e anniversaire, le CEFAID et le CED ont dressé, en collaboration avec les communautés autochtones, un bilan et les perspectives de 10 années de mise en œuvre de l’ensemble des 46 articles contenus dans la DNUDPA au Cameroun. Ledit bilan a été soumis à l’appréciation des participants à un atelier du 03 au 04 septembre 2017 à l’Hotel Azur de Yaoundé. Venus d’administrations publiques compétentes sur les questions des Peuples autochtones, de la Société civile, des médias et des communautés autochtones ‘’Pygmées’’ et Mbororos, les participants ont procédé à l’analyse de la mise en oeuvre de la DNUDPA, et apporté leurs contibutions à l’étude menée par le CEFAID et le CED, sous la la facilitation de Mr Victor Amougou.

Reflexion en groupes et restitution en pleinière avec les différentes communautés

Profitant de l’Assemblée Régonale de l’ILC Afrique en cours, le CED a convié les medias à une conference de presse, en compagnie des délégués des peuples autochtones présents à l’Assemblée régionale de l’ILC Afrique. Ainsi, Bigirimana François (Bu000rundi), Mochire Mwenge Diel et Binyuki Nyota  Espérance (RDC), Chihana Tawonga Christina (Malawi), Jaji Manu Gidado et Manjo Basiru Isa (Cameroun) ont partagé leurs points de vue et édifié l’assistance sur les défis auxquels leurs communautés sont confrontées.

Les intervenants à la conférence de presse

Un bilan mitigé

Au Cameroun de réelles avancées ont été notées en 10 ans de mise en application de la DNUDPA. Des infrastructures sociales et sanitaires ont été construites, notamment des écoles, des foyers, des centres de santé. De plus, des villages Baka ont été reconnus par l’Etat et l’accès à la terre a été facilité. En matière de résolution des conflits, courants entre les comunautés voisines, un mécanisme de gestion a été développé.

Cependant, nombre de défis restent encore à relever. Bien qu’ils aient accès à la terre, les autochtones sont confrontés aux prises des terres occasionnées par les grands projets d’investissement et d’infrastructure. Aussi, l’absence d’une legislation claire prenant en compte leurs droits fonciers, ne facilite pas la mise en oeuvre de la DNUDPA. De plus, leurs nouvelles chefferies traditionnelles ne sont pas reconnues, car proscrites par les textes en vigueur.

Des défis similaires dans tous les pays

“Que ce soit en RDC, au Burundi ou au Cameroun, les peuples autochtones subissent une situation de marginalisation sociale exacerbée par l’instabilité sur les terres qu’ils occupent traditionnellement”, souligne Mochire Mwenge Diel de la RDC. Les lois des pays garantissent théoriquement l’égalité de tous les citoyens, mais le constat est que les autochtones font face à un problème crucial d’accès à la terre, sont menacés par l’exploitation anarchique des forêts, n’ont pas facilement accès aux services sociaux de base tels que l’éducation, la santé, l’eau potable et le logement décent.

Leurs voix ne sont pas écoutées, or comme l’a dit Jaji Manu Gidado, president de Mboscuda, “il faut tout d’abord nous donner la parole, que nous soyons entendus et il faut nous faire participer au niveau décisionnel”.

Partage des défis rencontrés

Le CED et le CEFAID sont pleinement engagés auprès des peuples autochtones et continueront de travailler avec les administrations publiques et la société civile afin que les droits des communautés autochtones soient pleinement reconnus et respectés, particulièrement en ce qui concerne l’accès à la terre.

Photo de famille