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France: fruits et légumes en crise

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La valeur de la production de cette filière a chuté de 7 % en 2009, selon un rapport publié mi-décembre par la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation (CCAN). L’association des « Producteurs de Légumes de France » lance un cri d’alarme parce que les revenus de ses membres ont été divisés par quatre depuis 2007. Une crise qui s’explique en partie par la sévérité des normes françaises et européennes qui interdisent l’utilisation de certains produits phytosanitaires.

Gérard Roche, maraîcher et responsable de la Commission de protection de cultures de l’association « Producteurs de Légumes de France », précise qu’en matière de pesticides, la « législation française est la plus rigoureuse au monde ». Il considère également que les nouveaux outils de protection de cultures, comme la « lutte intégrée », qui permet de limiter l’utilisation de pesticides en ayant recours aux prédateurs naturels des organismes nuisibles, ne sont pas toujours effectifs. « Il faut garder certains produits phytosanitaires, sinon on risque de perdre une partie des récoltes. » Notamment dans quand « à cause de l’importation des produits des pays du Sud, des insectes ravageurs ont été réintroduits accidentellement en Europe ».
Il n’est pas le seul à critiquer les normes françaises. Lors d’un colloque qui s’est déroulé le 9 décembre à l’Assemblée Nationale, Bernard Géry, maraîcher et porte-parole du collectif « Sauvons les Fruits et Légumes », a aussi souligné que « quand les cultures sont agressées, il faut les protéger ». Il n’hésite pas à insister sur la nécessité d’utiliser des pesticides dans l’agriculture. « Quand vous êtes malade, vous vous soignez, pour les fruits et légumes, c’est pareil ».

Par exemple, la Roténone, un insecticide homologué pour l’agriculture biologique,  a été banni par la Commission Européenne en 2008. Le collectif « Sauvons les Fruits et Légumes » regrette cette décision, car aucune alternative n’a été proposée. Cela crée une impasse technique, qui limite la capacité des agriculteurs à protéger leurs cultures.

M. Géry a également mis l’accent sur l’interdiction d’utiliser certains pesticides en France, alors qu’ils sont autorisés dans des pays voisins. « Actuellement, de grands pays producteurs, comme l’Espagne et l’Italie, ont le droit de travailler d’une certaine manière, alors que nous en France, on n’a pas cette possibilité ». Les normes françaises d’application des produits phytosanitaires, plus rigoureuses que celles d’autres pays de l’Union Européenne, entraînent des distorsions de concurrence. Un producteur français n’a pas accès aux mêmes produits phytosanitaires que ses concurrents d’autres pays européens. M. Géry a expliqué que « les règles françaises vont toujours au-delà des normes européennes », en défavorisant les producteurs français.

Une concurrence internationale implacable

Beaucoup de producteurs de fruits et légumes, un secteur qui représente environ 500 000 emplois en France, sont aujourd’hui au bord de la faillite. « De nombreux agriculteurs ne peuvent pas rembourser leurs crédits, et qui sont au bord du dépôt de bilan », explique Jacques Remiller, député et maire de Vienne (Isère), présent au colloque. « Il ne faudrait pas que l’année 2010 soit identique, parce que cela serait catastrophique ».

Les producteurs sont également défavorisés par la baisse de prix. M. Remiller souligne que le prix de vente d’une pomme en France est inférieur au coût de revient. « Une pomme chilienne qui arrive en France coûte 40 centimes, beaucoup moins qu’en France, avant même que celle-ci soit cueillie ! ».

La France premier consommateur de pesticides

En Europe, la France est le premier consommateur de pesticides, (110 000 tonnes par an), et le quatrième consommateur par rapport au nombre d’hectares cultivés, derrière le Portugal, les Pays-Bas et la Belgique. La vigne est l’une des cultures les plus traitées, consommant 20 % des pesticides vendus, à raison d’une vingtaine de traitements par an, selon l’Institut national de recherche agronomique (INRA).

Près de 50 % des fruits, légumes et céréales commercialisés en Europe présentent des traces de pesticides, selon un rapport de la Commission européenne, publié en octobre 2008.

Dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, la France s’est engagée à diviser par deux l’utilisation de pesticides d’ici à 2017. Le plan « Ecophyto 2018 » a repris cet objectif, et vise aussi à retirer du marché 53 substances actives, utilisées dans la fabrication des pesticides. Par ailleurs, le « paquet pesticide », adopté par le Parlement européen début 2009, ouvre la voie à l’interdiction de 22 pesticides dans un délai de trois ans.

Source: Geo.fr

   06 January 2010 Hit:1737 

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