La gouvernance foncière en Afrique en débat

La semaine du 12 au 15 septembre 2017 a été riche en échanges et partage pour les membres de l’ILC Afrique. A l’occasion de son assemblée régionale organisée par le CED, l’ILC Afrique a réuni à Yaoundé plus de 20 pays afin de discuter des défis de la gouvernance foncière en Afrique.

Sous le thème « la gouvernance foncière en Afrique : défis et innovations tirées des expériences nationales », les échanges ont débuté à l’UY2 Soa. Il s’agissait de partager avec les étudiants et les enseignants les perspectives en matière de gouvernance foncière sur le continent, et de susciter l’intérêt des jeunes pour l’étude des droits d’accès à la terre des couches vulnérables des populations, telles que les femmes et les peuples autochtones. La salle des actes de l’UY2 était comble, montrant ainsi l’intérêt suscité par les expériences, les défis et les succès des pays tels que le Malawi, Madagascar, le Togo, le Bénin, le Sud-Soudan, le Kenya, le Sénégal, etc.

Ouverture des échanges à l’Université de Yaoundé 2 Soa

A l’ouverture de l’Assemblée Régionale, Same Téclaire du CED a présenté les principales articulations de la proposition de réforme foncière au Cameroun, formulée par les ONG. La veille, le 11 septembre 2017 à l’Hôtel Azur, Yaoundé, le CED a réuni la société civile afin débattre et de consolider les différentes propositions et positions à adopter dans le cadre de la réforme foncière en cours au Cameroun. La législation foncière actuelle date de plus de 40 ans et présente des moyens limités pour clarifier, reconnaître et garantir les droits de propriété dans des contextes contemporains. Bien que le processus de réforme foncière ait été entamé, il peut ne pas refléter les réalités quant-aux conditions des communautés locales et autochtones. D’où l’initiative du CED.

Teclaire Same (CED) présentant les principales articulations de la proposition de réforme foncière au Cameroun

Au cours de l’Assemblée Régionale proprement dite, les membres de l’ILC Afrique se sont penchés sur les expériences de l’année antérieure et en ont tiré des leçons, validant ainsi le rapport d’activités 2016/2017, qui a été présenté par Jamus Joseph, coordinateur de l’ILC Afrique. Y faisant suite, les nouveaux membres du comité directeur ont été élus et la stratégie 2017/2018 a été préparée.

Les échanges suivants ont été marqués par les défis et les succès rencontrés par les plateformes NES (Stratégie Nationale d’Engagement) de différents pays : le Sénégal, le Cameroun, Madagascar, le Malawi. « NES est un concept novateur basé sur une approche holistique, collaborative, inclusive et participative qui facilite le dialogue avec un groupe multi-acteurs », explique Ibrahima Ka de l’initiative IPAR (Sénégal). Cependant, les facilitateurs de ces plateformes révèlent qu’elles ne disposent pas encore d’une forte visibilité et de liens solides avec les administrations des différents pays. Ainsi, ces plateformes ont pour défi de renforcer leur crédibilité et leur durabilité.

Les représentants des plateformes NES

 

Les participants ont pris connaissance du plan de travail 2018, présenté par Audace Kubwimana, programme manager de l’ILC Afrique. En petits groupes, les membres ont ensuite discuté des CBI (Commitment Based Initiatives) actuels et futurs. Il s’agit des initiatives que l’ILC mettra sur pied pour renforcer son action autour de ses thématiques principales. Un accent particulier sera mis sur l’agriculture à petite échelle et les peuples autochtones. C’est dans cette lancée qu’André Tioro, responsable du programme des organisations de producteurs d’Afrique de l’Ouest (ROPPA), a insisté sur le fait que les petits agriculteurs doivent faire partie des priorités de l’ILC Afrique. Ainsi, les membres de l’ILC s’engagent en 2018 à mobiliser les ressources afin de mettre la petite agriculture au service du développement.

Groupe en séance de travail

Les échanges ont été présidés par Amadou Kanoute, directeur exécutif de l’Institut panafricain pour la recherche, la formation et l’action pour la citoyenneté, la consommation et le développement en Afrique (CICODEV). Il a rappelé que de nombreuses communautés perdent leurs terres et l’urgence de protéger leurs droits fonciers se fait de plus en plus ressentir.

Mike Taylor (Directeur du Secrétariat de l’ILC) et Amadou Kanoute (Directeur Exécutif de l’Institut panafricain pour la recherche, la formation et l’action pour la citoyenneté, la consommation et le développement en Afrique (CICODEV), ont présidé les échanges

On ne saurait parler de gouvernance foncière et de peuples autochtones sans toucher du doigt la réalité. A cet effet, les membres de l’ILC se sont rendus à Botombo, dans la région du Centre, afin de rencontrer une communauté mbororo. Sous la houlette de Musa Usman Ndamba (Vice-Président de MBOSCUDA), Manjo Basiru Isa (Secrétaire Général du REPALEAC) et Yusufa Adamu (membre de MBOSCUDA), les participants ont été édifiés sur le mode de vie et les défis auxquels sont confrontés la communauté.

Manjo Basiru Isa et Yusufa Adamu accueillant les membres de l’ILC Afrique à Botombo

A propos de l’ILC Afrique

La plate-forme régionale de l’ILC en Afrique compte 61 membres des Organisation de Société Civile et est supervisée par un comité directeur composé d’un membre de la société civile de chaque sous-région (Ouest, Centre, Est et Sud). L’Unité de coordination régionale est hébergée par Environmental Liaison Center International (ELCI), basé à Nairobi, au Kenya. Les membres des OSC représentent 20 pays: le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la République Démocratique du Congo (RDC), le Ghana, le Kenya, Madagascar, le Malawi, le Mozambique, le Rwanda, le Sénégal, l’Afrique du Sud, le Soudan du Sud, le Soudan, la Tanzanie, le Togo, l’Ouganda, La Zambie et le Zimbabwe.