Les peuples autochtones contre l’accaparement des terres

« La question de la terre est le premier problème de la population indigène » a déclaré Diel Monshire lors de l’ Assemblée Régionale de l’ILC Afrique. Représentant des peuples autochtones de la RDC, Diel travaille au sein du Programme d’Intégration et de Développement du peuple Pygmée (PIDP). Cette organisation a pour but la défense des droits des pygmées, la protection de leurs intérêts, et leur integration dans le processus de développement socio-économique.

 

Les terres ayant un grand potentiel agricol, leur accaparement ou leur cession à des investisseurs sont des phénomènes courants en Afrique, raisons pour lesquelles il est urgent de procéder aux réformes fonciers, pour encadrer ce phénomène et garantir les droits fonciers des couches les plus vulnérables de la population.

 

Le directeur de l’ILC Mike Taylor a déclaré que: «Les gouvernements ne veulent pas reconnaître les droits des peuples autochtones à la terre parce qu’ils veulent y accéder directement ».

Cette déclaration a été soutenue par Binyuki Nyota Espérance représentante de UEFA (Union pour l’Emancipation de la Femme Autochtone) en RDC:  «il est temps que le gouvernement assume ses responsabilités et accorde la priorité aux populations autochtones parce qu’elles sont marginalisées». Elle a également recommandé que les autochtones ne soient pas exclus de la prise de décision. Manifestant sa volonté ferme dans la lutte contre l’accaparement des terres, Diel rajoute qu’ «un seul document suffit pour envoyer les “pygmées” hors de leurs terres».

 

L’accaparement des terres est un problème général dans les pays africains, les populations autochtones en sont les principales victimes et le payent parfois au prix de leur vie.

Bigirimana François souligne que l’un des facteurs qui contribute à l’accaparement des terres est l’incapacité des indigènes à investir sur leurs terres et la corruption ambiante au Burundi. Il est le Représentant de l’association UNIPROBA du Burundi (Unissons-nous pour la Promotion des Batwa). Cette dernière oeuvre en matière de protection et de promotion des droits des Batwa du Burundi.

 

Peu de pays africains disposant de politiques claires qui protège les communautés locales, la réforme des processus s’impose sur le continent comme une nécessité. En RDC, le PIDP a saisi l’opportunité de contribuer à la réforme foncière dont le processus a démarré en 2012. A cet effet, le PIDP a mis en place des groupes de travail au niveau national, provincial et local, afin de capitaliser toutes les propositions des autochtones et de les soumettre à la Commission Nationale en charge de la réforme foncière. Ainsi, une documentation de la situation des peuples autochtones a été élaborée et une note de position publiée, suggérant comment les prendre en considération.

 

 

 

 

 

 

 

Avec la collaboration de Ngum Abi, Volontaire ILC Afrique/CED