Réflexion sur la place de la femme dans les instances au Cameroun

La situation de la femme dans la société est devenue une préoccupation à l’échelle internationale. Depuis près de 90 ans, la femme s’est engagée dans une lutte pour l’égalité, la justice, la paix et le développement. C’est ce qui justifie la célébration tous les 8 mars de la journée internationale des droits des femmes. « Croisades contre les inégalités de sexes : s’arrimer à la nouvelle impulsion », tel a été le thème formulé au niveau du Cameroun pour cette célébration 2019, occasion donnée pour faire un état de lieux de la place de la femme camerounaise au sein des différentes instances politiques, économiques et sociales.

Plusieurs événements ont marqué la reconnaissance des droits des femmes, telles que les Conférence de Nairobi en 1985 et de Beijing en 1995 (4e Conférence mondiale sur les Femmes), sur le plan international ; et la création du Ministère de la Condition Féminine et la promulgation de lois telle que la loi n°90/43 octroyant plus de libertés aux femmes notamment en matière de liberté d’aller et venir, à l’échelle nationale. Les femmes constituent la force numérique mais elles restent sous représentées dans les institutions de gouvernance de la Nation. L’on dénombre par exemple 14 % de femmes ministres et assimilés ; une femme sur 11 juges constitutionnels ; 5% préfets et 4% sous-préfets. En matière économique, elles constituent un pilier du secteur économique informel, au vu des statistiques qui montrent que 62,6% de femmes participent à l’économie.

Le constat est que malgré leur supériorité numérique, les femmes sont statistiquement moins représentées aux postes décisionnels. Le Cameroun s’est pourtant engagé auprès de la communauté internationale à assurer une meilleure représentativité des femmes dans les différentes instances, notamment à travers le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes, le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, relatif aux droits de la femme en Afrique.

Des solutions proposées, l’on retient que faire de la parité homme-femme une obligation juridique pour les personnes ayant un pouvoir de nomination en l’inscrivant dans un texte contraignant, pourrait résorber le déficit. De plus, renforcer continuellement les capacités des personnes ayant un pouvoir de nomination sur la nécessité de veiller à la prise en compte du genre de manière équitable, serait une initiative porteuse de fruits. Ainsi, les volontés exprimées dans divers discours pourraient se traduire en actes concrets.