Regard sur la transparence dans le secteur forestier en Afrique Centrale

La transparence dans le secteur forestier a pris une place de plus en plus importante dans les efforts consentis à l’échelle internationale pour améliorer la gouvernance forestière. C’est ainsi que les pays de la région Afrique centrale ont adopté des mesures visant à ouvrir la voie à des politiques forestières régionales harmonisées promouvant la transparence et les responsabilités dans le secteur forêt. Cependant, malgré les efforts consentis, dans la pratique, les résultats sont loin d’être satisfaisants du fait de certaines pesanteurs.

A cet effet, une étude a été menée afin de présenter l’état des lieux de la transparence dans le secteur forestier, dans cinq (05) pays d’Afrique centrale, à savoir : le Cameroun, le Gabon, la République Centrafricaine (RCA), le Congo Brazzaville et, la République Démocratique du Congo (RDC).

Présentée le 25 janvier 2019, le rapport relève des limites de la transparence en Afrique Centrale. A titre d’exemple, l’on peut noter l’accès restreint des communautés à la justice, couplées à l’absence de mécanismes clairs de contestation, et d’une obligation de prise en compte des droits et intérêts des communautés entravent leur participation  à la gestion des forêts. Les rapports sur les procédures de consultation/participation du public à la prise de décision dans le secteur forestier ne sont ni disponibles, ni publiés et, il n’existe aucun mécanisme ou procédure claire, documenté et détaillé de résolution des conflits liés à l’accès et à la disponibilité de l’information dans le secteur forestier. Seules la RDC et la RCA, ont prévu un cadre idoine garantissant la consultation et la participation de toutes les parties prenantes à la gestion forestière. Un tel cadre n’existe pas dans les autres pays.

Des recommandations ont alors été faites, tant à l’État qu’aux OSC. A titre d’exemple, il faudrait formaliser des cadres de concertation et de consultation prévues dans les textes et redynamiser ceux qui existent afin de renforcer la participation des parties prenantes locales dans la gestion forestière. De plus, les États signataires des APV doivent s’assurer de la publication de toutes les informations prévues aux annexes de ceux-ci, et en temps réel. Quant-aux OSC, elles pourraient d’une part déterminer les besoins des communautés en informations prioritaires, développer des activités de collecte, de synthèse et de diffusion de ces informations auprès d’elles; d’autre part apporter un soutien juridique aux processus de consultation par une information appropriée, complète et opportune et une représentation adéquate au processus décisionnel.

Le travail a été réalisé dans le cadre du projet « Agir sur les défis de l’APV: exploitation illégale et changement du couvert forestier dans le cadre d’investissements non-forestiers », financé par la FAO et implémenté par le CED au Cameroun, Brainforest au Gabon, MEFP en RCA et OCHD en RDC.